Les Fours à pain de la vallée

Liste des Fours :

                                           5 fours communs,propriété des habitants du hameau

- La Chapelle-dessous
- Les Plans de Comburce
- Chalmont
- Les Murailles
- Villard-dessus

                                           10 fours privés

- Au Plan des Berthats
- Chez Pollet
- A la Proverange
- Au Chenaveret (à l'envers)
- A la Grange
- Au Péroset
- Vers les Nants
- Sous le Rocher
- Four de la boulangerie au chef-lieu
- Four chez la Marie Denand (à l'intérieur de la maison)

Situation des fours

Découverte des fours



               


La Chapelle Dessous                                    La Grange

                    

Plan de Comburce                                        Les Murailles

                 


Le Peroset                                                     Sous le Rocher

                     

La Proverange                                              Villard dessus

                                                                                      

               

 Les Nants                                                                    Chalmont (à restaurer)

           

Plan des Berthats                                       Chenaveret


                   


Chez la Marie Denand                                         Boulangerie

 

Histoire des Fours

 Origine des fours à pain

L'histoire de l'homme (occidental), c'est l'histoire du pain. A cette nourriture de base, principe même de la vie, tout est lié : politique, économiquer défense ... l'homme, d'abord cueilleur de graminées qu'il sut ensuite domestiquer et manipuler, les mangeait sans guère les transformer: graines simplement trempées (prégermées J, bouillies ou grillées.
Cette manière de les préparer a duré plusieurs millénaires.
Pour faire des galettes, il fallut écraser la céréale, voire en faire de la farine. Mais une galette non levée n'est pas du pain et le trou creusé à même le sol dans lequel on la cuit n'est pas encore un four à pain.
La découverte fortuite du pain, c'est à dire une pâte oubliée que les levures sauvages avaient fait fermenter, pâte mise à cuire tour de même par un individu peu sensible à ce début de « pourriture» et curieux du résultat, engendra une habitude qui allait conditionner notre civilisation.
Le pain de pâte levée est infiniment plus « goûteux » que la galette de pâte sans levain. Mais pour qu'il soit meilleur encore, la manière de le cuire a su se différencier de celle de la galette. Si donc une chaleur par-dessous est suffisante pour cuire la galette, la pâte levée, elle, doit être cuite par-dessus et par-dessous, tout autour faudrait-il dire.
La » découverte» du pain a donc incité l'homme à inventer de nouvelles manières de le cuire afin d'améliorer la qualité du produit. Il fallait inventer le four.
Le principe de base de la cuisson au four est que l'aliment doit cuire dans un espace clos qui doit pouvoir conserver ou régulariser l'humidité se dégageant de ce que l'on cuit. La chaleur nécessaire peut être fournie. soit par un apport constant pendant la cuisson, soit par accumulation préalable dans l~ masse du four. Les fours en terre, en pierre ou en briques procèdent avec la méthode de l'accumulation.
Une miche considérée comme le plus vieux pain d'Europe, parfaitement conservée, a été découverte au bord du lac de Bienne, en Suisse, en 1975, dont l'origine remonte à 3560-3530 avant Je.

Le four banal


A l'époque féodale, chaque village, chaque communauté disposait d'un four à pain; il était iiidispcnsable. Le four banal, à l'usage de tous, est pourtant le four du seigneur. Celui-ci y exerce ses droits. On appelle banalités les droits par lesquels le seigneur oblige ses sujets à utiliser sous peine de ban (amende) ses fours, ses moulins, ses pressoirs, ses scieries, ses battoirs.
D'origine royale à l'époque carolingienne, les banalités furent usurpées, accaparées ou acquises par les seigneurs qui, pour les exercer, devaient avoir également droit de justice.
L'ensemble des revenus perçus par les seigneurs sont extrêmement variables d'un four à l'autre. lis sont en nature ouargent ; souvent les deux à la fois. li s'agit de blé, seigle ou avoine, d'animaux ou de produits divers.
Au XVe siècle, les droits seigneuriaux ont déjà bien évolué. Les fours du seigneur sont en général affermés ou amodiés à un tiers ou à une communauté qui en perçoit les revenus et qui s'acquitte du fermage annuel.
Le droit de four , peut aussi être cédé. . .
Peu à peu, au cours des XVIIe et Xvllle siècle, les communautés se libèrent du droit du four vis-à-vis du seigneur et le four devint communal. Son usage n'en fut pas meilleur marché pour les usagers ... qui payaient le ban de la Commune pour les infractions commises au four.
Les banalités et les survivances du régime féodal, en ce qui concerne les fours, touchent à leur fID. Les droits féodaux seront en effet abolis.

« les vieux fours à pain»
P.Delacrétaz

 

Usage des fours




Plus loin il y a le four qui est construit à présent comme les autres fois. Devant le four on trouve le pétrissoir, une grande caisse large dessus et étroite au fond, qui sert à pétrir la farine
pour faire le pain: c'est la mai du for. On trouve aussi urie grande marmite pour faire chauffer l'eau, le bronsin du for. Quand la pâte est prête, on la coupe par morceaux que l'on place sur une pelle en bois large et ronde, suivant la forme du pain, la pala du for, et on les pousse dans le four chauffé.
Il était chauffé comme à présent avec du bois; la chaleur voulue étant obtenue, on en retirait les braises avec un râcle en fer; pour rendre le plancher propre, on y passait une pate, soit un gros chiffon attaché au bout d'un grand manche, appelé l 'écovait du four. Le mot s'emploie
souvent pour désigner quelque personne mal mise ;on dit: yé ton vrai écovai. (c'est un vrai
écovillon).
Le pain cuit, on le retirait du four pour le mettre au grenier: on en faisait toujours pour trois semaines à un mois. Devant le four on faisait aussi distiller les fruits, pour faire de l'eau de vie, soit le brandevin avec un petit alambic ( ... ) pendant que l'on distillait, on se réunissait souvent en nombre devant le four pendant la soirée et on buvait de ces grands verres d'eau de vie à plein bord; on disait: on va veilli sta nai devant le for le brandevin (on va veiller cette nuit, devant le fout, le brandevin).
On faisait aussi des pruneaux avec des pommes ou poires de la façon suivante: lorsqu'on avait retiré le pain du four, ce dernier restait encore chaud; alors on garnissait le plancher avec du fruit, et l'on fermait le four hermétiquement, et on laissait cuire ce fruit jusqu'à ce qu'il fut à moitié sec, on le retirait pour le manger à volonté et on pouvait le conserver très longtemps; on appelait les pruneaux lé kergne dé pri et d'lé pomè (les kergnes -fruits séchés au four- des poires et des pommes) .
Comment on se nourrissait ?
On faisait quatre repas par jour: en partant le matin on prenait du pain et de la tome, jamais du café (il était défendu car il n'yen avait pas et il était très cher) ; à six heures du matin on venait déjeuner, un matafan avec du pain et de la tome; à dix heures on venait dîner, dinna, la soupe et un plat, toujours le même dessert, pan et toma ; à deux heures on venait goûter, goûta, deux plats et le même dessert; le soir, souper à la nuit, la spa, avec le même dessert; pendant les grands travaux, labours et fenaisons, on mangeait quelque chose à midi,faire mijorer(jaire midi), et quelques fois à quatre heures, comme cela on ne restait pas longemps sans manger.
Quand au pain on le mangeait bon, suivant les récoltes, quand le blé venait bien; plus souvent on faisait du pain d'avoine, avec du seigle, parfois un peu de froment; l'on en faisait aussi mélé avec des pommes de terre, tartifles, que l'on épluchait après les avoir lavées, on les passait à la râpe à pomme de terre .Une fois les pommes de terre râpées, on enlevait les gros morceaux qui n'étaient pas bien fins et on mélangeait la pomme râpée avec de la farine de seigle et un peu de blé, voilà le pan de tartifle, qui n'était pas si mauvais lorsqu'il était frais et il était très nourrissant.

'Claude Gay" extrait de "Coutumes des Vallées de Thones"

Exemple de restauration de four : four des Murailles, Villard-Dessus et Plan des Berthats

Restauration du four des Plans des Berthats, et du four des Villard-Dessus.