L'histoire de Manigod

Habitants des forêts ou des alpages [suivant l'étymologie burgonde (manning-gald) ou celte (manning-aulp)]. Maningot devient au début du XIe siècle, le fief des seigneurs de Chevron de Vilette, puissante et pieuse famille de Tarentaise.

Mille six cent âmes peuplent  la chapelle  de Maningot en 1567, selon les plus anciens registres connus.

Une pierre gravée d'une croix par saint François de Sales lors de sa visite pastorale en 1607, laisse son nom au col de la Croix Fry (crux ferit). La source de Montpellaz a des vertus miraculeuses depuis que le saint évêque s'y est rafraîchi, et sous l'Aiguille, la selle de saint François, en conserve l'empreinte.

L'épidémie de peste de 1631, tue un quart des habitants.

L'église est rebâtie dès 1687, en style baroque, selon les dogmes de la réforme catholique. Il en reste le portail, ainsi que le plan halle. Placée sous le patronage de saint Pierre, le titulaire   est saint Christophe de Lycie à la requête du curé Chappaz en 1731.

 

En 1766 la commune est affranchie par le rachat des redevances féodales.

 

Mgr Rendu écrit en 1843 que l'église présente un beau coup d'œil dans son ensemble, mais est trop petite pour ses 2000 paroissiens. Quatorze prêtres vivants sont originaires de Manigod, dont le chanoine Veyrat-Charvillon, professeur de théologie au grand séminaire d'Annecy.

 

La Savoie qui a connu plusieurs occupations françaises, est réunie en 1860 à la France par référendum.

Le presbytère est reconstruit en 1874-75 par l'entrepreneur J. Curgo qui se voit adjuger

l'agrandissement de l'église en 1886-88. Le clocher est reconstruit et déplacé. Un maître autel en marbre, de style néo classique,  remplace le retable baroque en bois. L'intérieur est peint de motifs en trompe l'œil, à la mode au XIXes. Les vitraux du choeur datent de 1887.

 

L'agriculture, activité essentielle, permet de nourrir la population longtemps croissante jusqu'à la moitié du XIXes, puis l'exode rural entraîne un déclin de la population, malgré le développement de l'exploitation du bois (7 scieries existaient en 1881) vers les "nants" (torrents, origine celte)

Toutefois l'activité agricole demeure importante et Manigod est le siège de la première foire aux moutons du canton en 1979.

 

Le 9 mars1943 est créé le comité de la résistance de Manigod. P.Bozon-Laydier en devient le chef. On décida de former les jeunes réfractaires en un groupe discipliné et organisé, ce fut le camp de Manigod. Exemplaire, il est choisi par l'armée secrète, en décembre 1943 pour y créer l'école des cadres. Le lieutenant Joubert en prend la direction, les chefs de camp seront formés pour encadrer les maquisards au combat des Glières.  

 

La route du col de la croix Fry devient accessible aux autos au début des années 1950.

 

1969 : la station de ski de la Croix Fry prend son envol, suivi en 1971 de celle de Merdassier.

En janvier 1979, les Championnats de France de Bobsleigh sont un triomphe avec 3500 m de piste au départ de plan bois sur la route de l'envers. Ils sont suivis en février d'un grand prix des parets (petit engin de glisse traditionnel) sur les pentes froides et pentues au plan des Berthats.

Depuis 1993, le "championnat de paret de Manigod" relance cette activité populaire.

 

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